Accueil > Bulletins > Année 1999 > Bulletin - Mai 1999 > L’amiante en question

L’amiante en question

samedi 1er mai 1999, par le bureau

Les Beaumontois ont appris par la présence d’amiante dans le faux plafond du gymnase du stade municipal. Cet article a pour but d’exposer la réalité des faits et de présenter notre rôle dans cette affaire.

Une vérité cachée ?

Les documents préparatoires au conseil municipal du 15 février 1999 contenaient un rapport étayant une « demande de subvention pour travaux (de remplacement) l’ensemble du faux plafond, aujourd’hui assez dégradé, gymnase stade municipal ». Ce document ambigu mentionne simplement une aide possible’État, à hauteur 30 % montant HT des travaux, afin d’éliminer « certains supports ou matériaux ».

Désireux d’en savoir plus, nos élus apprennent, auprès de la Préfecture, que cette aide est réservée aux supports amiantés et accueillant des scolaires.

Le débat au conseil municipal

Les élus Union-IDÉES Pour Beaumont participent au conseil municipal de façon responsable et constructive. Il faut cependant « batailler » dix minutes avant que M. le Maire reconnaisse que le faux plafond en question est tout à la fois amianté et dégradé (« Oui, d’accord, c’est de l’amiante bien sûr » finit-il par répondre à François Saint-André). Tout le monde sait que l’amiante peut, à terme, présenter de réels dangers pour la santé lorsqu’elle est inhalée. Suite à notre intervention, il est décidé :

  • que les travaux nécessaires seront exécutés durant l’été 1999,
  • que la demande déposée à la Préfecture mentionne la fréquentation des scolaires.

La demande de subvention est, bien entendu, votée à l’unanimité. Notons qu’au cours de ce long débat, en dehors de M. le Maire, aucun élu de la majorité n’a « pipé mot ».

Un tournoi de foot

Le 18 février, « La Montagne » annonce qu’un tournoi de football en salle, réunissant plus de 300 enfants, se déroulera dans ce gymnase le week-end suivant. Or, il est évident que la projection de ballons sur le faux plafond abîmé peut aggraver la mise en suspension de poussières d’amiante. Face à ce risque, encouru tant par les enfants que par le public, il faut agir vite. Une délégation de l’association IDÉES Pour Beaumont, conduite par François Saint-André, rencontre A. Dumeil, lui propose de transférer le tournoi au gymnase du collège (COSEC) et de prendre les mesures qui s’imposent pour l’avenir.

Cette démarche est suivie d’effet : le Maire signe, dès le vendredi après-midi, un arrêté dans ce sens.

Quelques questions

Tout d’abord, un constat : sans notre intervention, les Beaumontois n’auraient certainement rien su.

Pourquoi ne pas avoir joué la transparence sur ce dossier et n’avoir pas prévu, longtemps à l’avance, le transfert au gymnase du collège ? Les employés comme les bénévoles n’auraient pas été obligés de faire et défaire dans l’urgence.

Depuis quand la présence d’amiante dans ce plafond détérioré est-elle connue ?. « Début février » affirme A. Dumeil, mais on peut en douter car le devis établi par la société SOTRASI pour « retrait de faux plafond amianté type Panocell » date du ... 22 janvier 1999, soit 10 jours avant le rapport d’expertise !

Pourquoi prendre des risques inutiles, surtout quand des solutions simples de rechange existent ?

Aujourd’hui, risque ou pas risque ?

Les prélèvements effectués dans l’atmosphère montrent un taux d’amiante inférieur aux exigences légales (1,25 fibre par litre d’air) alors que l’expertise précisait que « ce faux plafond peut laisser s »échapper des fibres d’amiante". Qu’en conclure ?

Les spécialistes s’accordent pour parler de risque relativement faible en cas d’utilisation normale de tels locaux. En revanche, le risque croît lors de mise en suspension des poussières amiantées. Or, impacts de balles et de ballons, vibrations, propulsion de l’air (chauffage), aspiration et concentration lors du ménage, interventions sur le faux plafond, toutes ces situations imposent de véritables précautions.

C’est pourquoi, nos propositions sont simples :

  • transférer, autant que possible, le maximum de manifestations hors du gymnase (COSEC, courts de tennis, plein air),
  • prendre toutes les mesures de protection du personnel communal pour la maintenance et l’entretien,
  • bien entendu, réaliser le plus rapidement possible les travaux de désamiantage du faux plafond. Et si le besoin en apparaît, M. le Maire peut être convaincu que nous appuierons toute démarche allant dans le sens de la préservation de la santé publique.