Accueil > Bulletins > Année 1999 > La châtaigneraie - Décembre 1999 > Le châtaignier, une force de la nature

Le châtaignier, une force de la nature

mercredi 1er décembre 1999, par le bureau

Un arbre majestueux

Grand (jusqu’à 30 mètres), gros avec une cime largement étalée, capable de vieillir plusieurs siècles, qui ne connaît le châtaignier ? Ses feuilles sont grandes, longues et leurs bords se caractérisent par des dents régulières et aiguës. D’un vert bien vif, elles jaunissent à l’automne avant de virer au marron. Les fruits sont renommés. Ces châtaignes sont groupées par 3 dans une enveloppe très épineuse (la bogue). Le châtaignier craint deux choses : les froids très rigoureux et les sols calcaires. C’est pourquoi, on le trouve fréquemment en Corse et dans tout le Massif Central. D’ailleurs, la feuille du châtaignier est devenue l’emblème de la région Limousin. En Auvergne, il couvre 15 000 hectares. Sur toute la France, il est la troisième essence feuillue, après le chêne et le hêtre.

Un arbre aux 1 000 richesses

Une affirmation pleine de bon sens rural dit que « le châtaignier est comme le cochon. Chez lui, tout est bon ». D’abord, c’est un arbre qui produit du bois. Les usages en sont nombreux : charpente, meuble, parquets. Il permettait de confectionner des outils : manches, écuelles, cercles de barrique, piquets pour clôture ou vigne car il est imputrescible. Par contre, il n’est pas idéal pour le chauffage à cause de la projection d’escarbilles. Ses fruits servaient pour l’alimentation des animaux et particulièrement des cochons. Ceux-ci étaient lâchés au moment de la chute des premiers fruits, en général les plus véreux. Mais la châtaigne enrichissait aussi l’alimentation humaine (d’où son nom d’arbre à pain). Riche en sucre et en vitamines, elle permettait d’éviter le scorbut. Aujourd’hui, on déguste la châtaigne en dessert mais aussi comme un légume, en soupe, en purée ou en garniture avec des volailles (ex : dinde à Noël).

Un arbre respecté

Ces ressources expliquent que les paysans en plantaient souvent, les entretenaient régulièrement, nettoyaient les taillis. Comme cet arbre « rejette de souche » (de petits arbres naissent à partir de la souche), cela permettait de renouveler les châtaigneraies.

Un arbre aujourd’hui négligé et malade

La disparition de la société rurale entraîne celle d’un entretien régulier. Peu soignés, les arbres vieillissent mal et attrapent des maladies. C’est hélas le cas dans notre forêt beaumontoise. Les deux maladies les plus fréquentes sont l’encre et le chancre. L’encre : la croissance ralentit, les feuilles rapetissent, les branches sèchent. Souvent apparaît un écoulement noirâtre, d’où son nom. Le chancre : il a détruit les châtaigniers du Japon et des États-Unis. Il se remarque par une boursouflure brune puis l’écorce se fend et les branches supérieures sèchent. La cause en est un champignon qui se développe sur l’écorce où il forme des lames en éventail avant d’évoluer en boursouflure. Pour traiter l’arbre, il faut nettoyer les plaies avec beaucoup de soin. Si la souche est atteinte, il faut abattre l’arbre et brûler la souche. Le chancre du châtaignier est la maladie la plus fréquente dans nos contrées. Cette maladie très grave doit être prise au sérieux. L’expérience démontre cependant qu’il est possible de redonner une deuxième vigueur aux arbres atteints et d’œuvrer à la sauvegarde de ses voisins.