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lundi 19 octobre 2026, par
PolitiqueJeunesÉcoleEn 2010 était publié sous ce titre un manifeste qui fit grand bruit. Alors âgé de 93 ans, Ambassadeur de France et Commandeur de la Légion d’honneur, son auteur, Stéphane Hessel, n’avait pas vraiment le profil d’un casseur. Particulièrement incisif, son pamphlet connaît un regain d’actualité, non seulement parce qu’il se fait l’apôtre d’une “action citoyenne forte” et d’une “insurrection pacifique”, mais parce qu’il comporte ce commentaire limpide : “La Résistance en appelait à la “possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction la plus développée”, sans discrimination”. Ce précis à l’usage des jeunes générations se conclut ainsi : “A ceux et celles qui feront le XXIe siècle, nous disons avec notre affection : Créer, c’est résister. Résister, c’est créer.”
À la lumière de cet appel émanant d’un grand Résistant, d’un fidèle serviteur de l’Etat et d’un sage, le mouvement lycéen ne laisse pas d’inspirer une série d’imprécations.
Honte à ceux qui accueillent nos lycéens dans des conditions qui évoquent davantage un camp de réfugiés que le Lycée d’Aristote ! Même si seule une minorité d’établissements répond à cette description, l’Article premier de la Constitution du 4 octobre 1958 disposant que “La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale” étend une solidarité de fait à l’ensemble du territoire.
Honte à ceux qui privent nos lycéens de l’enseignement sans solution de continuité que, depuis Jules Ferry, ils sont en droit d’attendre et qui seul peut assurer le renouvellement des forces vives de la nation !
Honte à ceux qui obligent nos lycéens à tenter de déchiffrer leur avenir à travers un jeu de fiches abscons conçu par des algorithmes en folie ! Pour paraphraser Clemenceau, conseiller et orienter ceux dont le futur doit déterminer celui de la nation est une chose trop grave pour la confier à des processus automatisés, étrangers par définition, aux multiples facettes de la vie humaine.
Honte à ceux qui, sourds aux doléances de nos lycéens, leur ont administré des rafales de LBD sitôt que les rues ont retenti de rumeurs les rappelant à leurs responsabilités ! Le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, auquel se réfère explicitement celui de la Constitution du 4 octobre 1958, prévoit en effet que “La nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat.”
Honte à ceux qui, prompts à brandir le spectre d’une guerre inévitable appellent au sacrifice de nos enfants ! En lestant nos jeunes d’un baluchon d’angoisse supplémentaire, s’attendent-ils à voir la génération qui a fait l’apprentissage de la vie en pleine pandémie, à qui l’on promet une planète infernale, qui étudie sans profs dans des locaux insalubres, qui est censée incruster son avenir sur des tablettes dont le traitement est confié à des systèmes informatiques par définition inhumains, prendre, bon pied, bon oeil, le chemin du lycée, non sans avoir jeté un regard reconnaissant à ses parents qui lui ont préparé des lendemains qui déchantent ? Ou entendent-ils ôter toute raison d’étudier à ceux dont la fin est proclamée à l’horizon 2030 ?
L’innocence que l’on prête à la jeunesse lui donne un temps d’avance pour déceler les turpitudes de ses aînés. Quand elle se décide à les dénoncer sur la place publique, c’est que l’heure est grave.
La priorité est de répondre avec respect aux attentes de la jeunesse et aux demandes des citoyens exaspérés par les difficultés qu’ils rencontrent et plus encore par le mépris du pouvoir. Le rétablissement de l’ordre se fera alors sans aucune difficulté.
